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Depuis le début de la crise sanitaire, la consommation de substances addictives se renforce en France.  Le stress et le risque de précarité associés à des conditions de travail inadaptées favorisent la naissance des comportements addictifs et aggravent la dépendance des personnes vulnérables vis-à-vis de certains produits ou comportements. Retour sur ce risque psycho-social.
 
Suite à la crise sanitaire, les pratiques addictives seraient liée à plusieurs facteurs, notamment au sentiment d’isolement et de solitude qui existe dans le fait de travailler de chez soi. Les télétravailleurs sont 84 % à dénoncer ce phénomène selon une étude Odoxa.
 
Preventech Consulting inscrit la lutte contre les addictions parmi l’un des objectifs non négligeable pour le développement d’une politique de la Qualité de Vie au Travail (QVT) efficace. Cela passe par la sensibilisation des salariés, le soutien et l’outillage des managers à l’aide de formation.
 
En plus d’une politique de lutte contre les addictions, l’employeur doit veiller à maintenir le dialogue social et une constante communication avec des messages préventifs sur les RPS.
 
 
Les personnes en situation d’addiction sont avant tout des personnes vulnérables ayant besoin d’une attention particulière. Il faut veiller à ce qu’elle bénéficie d’une cellule d'écoute psychologique avec l’appui des services de santé. Il en va de la responsabilité de l’employeur.
 
 
Qu’est-ce qu’une addiction ?
 
«  L’addiction repose sur le besoin - irrépressible et répété - de se procurer un produit ou de se livrer à une activité qui est - censée - procurer du plaisir. Il existe deux types d’addiction. Tout d’abord, il y a les addictions à un produit. Ensuite, il y a les addictions comportementales. » précise  Luce Janin Devillars, psychologue clinicienne, titulaire du Diplôme Alcoologie et toxicomanie de l’Université de médecine de Bobigny.
 
 
Quelle est la différence entre addiction et dépendance ?
 
On confond souvent la dépendance et l’addiction, or ces deux termes définissent des comportements différents face à la prise de substances psychoactives ou face à une activité.
 
La dépendance correspond à l’état dans lequel se trouve la personne en cas de  sevrage,  un arrêt brusque de la consommation. Alors que l’addiction est la consommation excessive d’une substance, en dépit des conséquences néfastes.
 
Ce qui définit aussi l’addiction, c’est l’oscillation entre le plaisir et le déplaisir. La personne consomme un produit ou répète un comportement pour obtenir du plaisir mais elle se trouve confronté à un déplaisir : la perte de sa liberté. Les problèmes engendrés par la dépendance peuvent être d’ordre psychologique, physique, relationnel et social :
 
  • Perte d’intérêt pour ce qui ne concerne pas le produit  ou le comportement addictif
  • Démotivation professionnelle et sociale, familiale, scolaire
  • Mise en danger avec la recherche de certains produits illicites
  • Apparition de symptômes psychiques (troubles du comportement, dépression, délire)
  • Apparition de symptômes physiques, diabète, cholestérol, syndrome de sevrage en cas d’arrêt d’un produit
Qu’est-ce qu’une addiction à un produit ?
 
La personne est dépendante d’un produit : alcool, tabac, médicaments psychotropes, cannabis et stupéfiants divers mais aussi la nourriture en général et certains aliments en particuliers, café, chocolat, sucreries… Ces consommations provoquent des TCA, des troubles du comportement alimentaire.
 
 
Qu’est-ce qu’une addiction comportementale ?
 
La personne n’est pas dépendante d’un produit mais d’une action :
 
  • La cyberdépendance (ordinateur et nouvelles technologies) avec l’illusion de s’approprier toutes les connaissances grâce à Internet et/ou de rester en lien avec les autres en permanence
  • Le binge watching ou « gavage sur écran » : le consommateur visionne le plus grand nombre possible de séries télévisées dans un temps limité (Lost, Game of the thrones)
  • Les jeux videos (fantasme du héros et de la toute-puissance)
  • La ludomanie ou « besoin compulsif de jeux d’argent et de paris » avec l’utopie de gagner tout en perdant beaucoup
  • L’oniomanie ou « pratique des achats compulsifs » : le consommateur peut dépenser la totalité de son salaire et/ou de ses économies en produits divers sans véritable utilité
  • La bigorexie ou sport à outrance : la personne est obsédée par sa forme, son poids, sa beauté dans une illusion narcissique de perfection et de lutte contre l’âge au risque de sa santé
  • Le workaholisme, une dépendance au travail : la personne ne trouve de satisfaction que dans le travail, elle se surmène et impose son rythme professionnel aux autres ; cette dépendance peut déboucher sur le burn out
Pourquoi devient-on addict ?
 
Il existe de nombreuses théories psychiques, neurologiques et biologiques pour tenter d’expliquer les mécanismes de l’addiction. Le rapport à la perte, la peur de la mort, la solitude...
On note aussi le rôle central joué  par les mécanismes neurophysiologiques du « système de récompense » qui auraient besoin d’être suractivés chez certains sujets.
Des facteurs génétiques associés à des facteurs environnementaux (épigénétique) sont également évoqués. L’éducation, le modèle parental, l’environnement social y jouent un rôle.
 
 
Quelles sont les personnalités à risques ?
 
Les personnes hypersensibles, nerveuses, très susceptibles, celles qui ont du mal à gérer leurs frustrations, à différer un objectif, un désir (elles veulent tout et tout de suite) ; les personnes confrontées à une culture, un environnement où certaines consommations font partie de la « normalité ». C’est notamment le cas du cannabis, une substance illicite, dont la consommation a été banalisée pour certaines générations.
 
 
Comment prendre en charge une personne addicte ?
 
Les protocoles d’accompagnement et de soin doivent donc répondre à cette multiplicité en proposant des pistes qui tiennent compte de la personne dans sa totalité. Accompagnement médical au sevrage pour certains produits associé à une psychothérapie, accompagnement psychothérapeutique quand il s’agit d’un comportement addictif.
Les dernières connaissances scientifiques ayant montré que le cerveau était doté de neuroplasticité, une capacité à se renouveler sur le plan neuronal et à retrouver un équilibre biologique entraînant de nouveaux comportements.
Les conduites addictives, dans le milieu professionnel ou privé, peuvent être un facteur de risque psycho-social, mais également la conséquence d’une situation de stress aigu. 
 
Preventech Consulting accompagne ses clients à l’aide de :
 
  • Comprendre la dépendance au cannabis (Ateliers)
  • Conférence : Comprendre les addictions 
  • Conférence : L’alcoolo-dépendance
  • Formation : Sensibilisation aux conduites addictives
  • Soutien psychologique
Pour faire face aux risques liées aux addictions, il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des collaborateurs et pas seulement ceux affectés à des postes à risques, ou ceux étant déjà en difficulté.
 
 
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